Quand un moyen français rencontre Arthur Rimbaud

Publié le par Frédéric

Il est des génies officiels dont le commun des mortels ne comprend goutte. En peinture, musique, littérature ou poésie, chacun peut se trouver devant l'alternative: soit je dis comme tout le monde "ô le génie" même si je ne comprends rien à l'oeuvre; soit je m'interroge...et m'interroge encore !

Quitte à faire montre d'inculture sans pour autant sombrer dans la démagogie, la critique ou la réserve dûe au doute sont à respecter. Il est également possible d'apprécier un artiste sans pour autant le trouver génial ou "culte", surtout quand ce génie repose en fait sur une rime bien troussée, une provocation bien communiquée ou une simple originalité. 

J'ai lu -essayé de lire serait plus juste- l'ensemble des poèmes d'Arthur Rimbaud (1854-1891). Cet homme a pour preuve reconnue de son génie ses fréquentations de grands de l'époque - dont bien sûr Verlaine son ami-, sa toxicomanie et une mort précoce et horrible.

Certes !

Cela suffit-il ? Ah oui, il faut ajouter des titres très communicants: "Bal des pendus"; "Une saison en enfer"; "Illuminations";...  

Après, découvrons les textes. Ceux de l'adolescence témoignent d'une maturité exceptionnelle et de sa capacité à canaliser puis formaliser l'énergie de sa première jeunesse. La révolte gronde contre le politiquement correct de l'époque.

Puis, les poèmes prennent une forme toujours plus tumultueuse, ce qui est un joli mot pour désigner l'incompréhensible. Le plaisir est réel à la lecture très émotionnelle de certaines combinaisons. Mais, très vite, le doute s'installe face à ces flopées de mots rassemblés en poésie.

C'est moi, sans doute, qui ne suis pas à la hauteur, qui  n'a pas pris suffisamment de temps, qui n'a pas le vécu, que sais-je encore. Ou est-ce le poète qui fait le poète afin de faire passer une bouillie de mots pour du sublime réservé aux initiés ?

Bon d'accord, c'est moi, moyen français qui n'arrive pas à être à la hauteur. Un jour, je réessaierai... 

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H
Votre article m'interpelle et voici quelques idées, en vrac, qui me viennent à l'esprit.<br /> Il y a dans l'art, bien du snobisme. Beaucoup, je crois, admirent telle ou telle oeuvre, parce que c'est l'habitude, parce qu'elle fait partie des oeuvres qu'on doit admirer. Même si, au fond d'eux-mêmes, ils n'éprouvent aucune émotion...<br /> J'avoue que j'ai beaucoup de mal, moi aussi, à être ému par les poètes, même s'ils figurent au palmarès des plus grands.<br /> La chance a voulu que j'entende, quand j'avais vingt ans, Serge Reggiani réciter le Dormeur du Val. Les bizarreries de la forme écrite, l'absence de rimes, les rejets en fin de vers, etc. tout cela s'est effacé par miracle, avec la voix du chanteur et du coup j'ai aimé ce poème qui, sur le papier, ne me parlait pas... Il faut peut-être des relais entre l'artiste et le public, des « décodeurs » qui nous permettent de comprendre et d'aimer ses oeuvres... <br /> Je pense pour finir que le véritable artiste est celui qui réussit – par les mots, par la musique, par la peinture, par le geste – à faire partager une émotion. - HL
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F
<br /> <br /> Votre contribution est judicieuse rappelant qu'il n'y a pas une seule manière de découvrir un artiste mais différentes. Cela permet parfois d'apprécier ce que l'on n'a su apprécier quelques<br /> années avant.<br /> Merci pour votre apport.<br /> <br /> <br /> <br />