La difficile comptabilisation des grévistes: le cas ANPE

Publié le par Frédéric

Le 1er décembre, une grève a eu lieu à l'ANPE. Le motif est salarial . L'ANPE fusionne avec l'ASSEDIC le 1er janvier 2009 et les conseillers de l'ANPE vont travailler avec un salaire inférieur à leurs homologues ASSEDIC. De plus, leur charge de travail est accrue par de nouveaux services à délivrer dans la nouvelle institution fusionnée qui portera le nom de Pôle emploi: le conseil à l'emploi par téléphone proposé au public appelant le 3949 (ouverture le 1er janvier) et le traitement de l'indemnisation par ces mêmes conseillers permettant  aux demandeurs d'emploi  d'avoir un référent unique.

Les agents ANPE, rarement en grève, se mobilisent fortement le 1er décembre. Selon la Direction, 48% des conseillers sont en grève alors que l'estimation syndicale est dans une fourchette de 60% à 70% !

Comment expliquer une telle différence que l'on retrouve d'ailleurs lors de nombreux conflits sociaux ?

Tout d'abord, par la rapidité exigée de l'information du nombre de grévistes. Dès l'ouverture des agences ANPE, il est demandé aux managers de faire remonter leurs estimations du nombre de grévistes. Or, un agent peut être comptabilisé comme gréviste alors même qu'il va prévenir son responsable 10 minutes plus tard de son arrêt maladie. De même, un agent prévu en formation peut être gréviste sans que son manager en soit informé immédiatement  et est donc compté comme non gréviste.  

C'est sur la foi de ces remontées que l'estimation du nombre de grévistes est donnée en fin de matinée. Le nombre exact de grévistes n'est en fait connu que le lendemain. Mais il est déjà trop tard car, Direction et syndicats se sont déjà emparé des chiffres de la veille soit pour minimiser l'événement, soit pour en obtenir le bénéfice maximum voire la reconduite de la grève.

L'ANPE compte "seulement" 30 000 salariés. Imaginez les erreurs possibles lors d'une grève à l'Education Nationale !  

Ensuite, qui est compabilisé comme gréviste? Les syndicats évoquent une estimation supérieure arguant que les CDD, peu grévistes par peur du non renouvellement de leur contrat, ne doivent pas être comptabilisés. Or, il est demandé aux managers de ne faire remonter que le nombre de grévistes en CDI. On peut donc supposer que l'estimation de la Direction est la plus proche de la réalité puisqu'elle compare le nombre de CDI grévistes au nombre de CDI qui auraient dû être à leur poste ce jour là (hors agents en maladie, congé, temps partiel). Mais comme la Direction ne précise pas comment son calcul est fait, le doute subsiste et contribue au différentiel.

Enfin, les syndicats expliquent que les nouveux agents en CDI et en période d'essai ne font pas grève par peur de ne pas être titularisés. Si les syndicats ne les comptent pas comme agent cela augmente mécaniquement le pourcentage de grévistes. On dérive alors sur une segmentation subjective du personnel qui produit des chiffres faux. D'ailleurs, à ce jeu , la Direction pourrait aussi conclure que certains agents ne feraient pas "naturellement" grève mais, ne voulant pas se désolidariser de leurs collègues ou subissant des pressions, préfèrent finalement ne pas aller travailler. 

Nous voyons là mieux le dilemme du décompte et du pourcentage de grévistes dans une entreprise. Pourtant, avec une demi-journée de plus, les chiffres donnés seraient exacts. Et,en amont, il suffirait que syndicats et Direction se réunissent et s'entendent sur qui est et n'est pas comptabilisé.

Un voeu pieux au regard de la défiance mutuelle entre des syndicats qui se doivent de hausser le ton très vite pour cacher leur faiblesses  (7% des salariés français sont syndiqués et seulement 5% dans le secteur privé) et des Directions souvent coupées du terrain et utilisant à outrance le management par objectif  sans forcément de cohérence ?

Ce serait sans doute l'une des solutions pour arrêter, lors de chaque grève, le scénario décrit. Peut-être l'exemple repoussoir des comptages, recomptages, estimations et contre-estimations de l'élection du secrétaire général du P.S. pourrait  être le déclencheur d'une réflexion sur l'objectivation des conflits sociaux ?     
  
 

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F
La principale raison de la grève du 1er décembre était en effet la volonté d'améliorer les conditions de travail et par contrecoup les conditions d'accueil des demandeurs d'emploi. Il s'agissait aussi d'obtenir des effectifs suffisants pour assurer correctement le service à rendre. Le salaire était un des aspects mais de loin pas le plus important.
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F
<br /> Bonsoir,<br /> <br /> Je vous remercie pour votre contribution sur le site infodifferente.com et vous souhaite une heureuse année 2009.<br /> <br /> Frédéric<br /> <br /> <br />
A
Contrairement à ce que vous affirmez cette grève n'a pas pour objet uniquement une question de salaire mais concerne également :<br /> - les conditions et l'organisation du travail, <br /> - le contenu du métier et ses missions <br /> - les moyens tant humain, matériel que financier<br /> et enfin la défense des droits des "demandeurs d'emploi" et d'un service public gratuit , ouvert à tous qui ne triera pas le public comme le fait aujourd'hui les prestataires privés financés par l'Unédic qui choisissent les chomeurs qui veulent suivre en accompagnement ou pas.
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F
<br /> Bonsoir,<br /> <br /> Je vous remercie pour votre contribution et vous souhaite une heureuse année 2009.<br /> <br /> Frédéric<br /> <br /> <br />