L'horreur des commentaires économiques

Publié le par Frédéric

Jour après jour, des statistiques et autres données économiques nous sont proposées: inflation; nombre de voitures immatriculées; cours de la bourse; cours du pétrole; consommation des ménages;...Cette information en temps réel est fort intéressante pour les férus d'économie et ceux qui veulent comprendre leur environnement.

Mais le hic provient des commentaires nombreux et contradictoires qui accompagnent chacun de ces chiffres. Loin d'être factuels et centrés sur la période considérée, les commentateurs en tirent immédiatement des considérations de long terme. Ainsi donc, d'un mois à l'autre,  ou pire, d'un jour à l'autre, nous passons de la "spirale inflationniste" à la déflation, de "l'effondrement de la bourse" à " la-bourse-le-meilleur-des-placements-sur-le-long-terme", de la baisse "catastrophique" de la consommation à sa "résistance étonnante". Ne parlons même pas des interprétations des aléas des cours du pétrole...

Cette bouillie de commentaires court-termistes ne fait pas du bien à la compréhension de l'économie. Celle-ci apparaît, soit comme une immense loterie ( exemple de la bourse), soit comme un univers perpétuellement en contradiction. Ce mitraillage de chiffres, accompagnés de propos souvent apocalyptiques, est profondément anxiogène. A tel point que l'on peut se demander si la crise économique actuelle n'est pas accrue par la couverture médiatique...

Loin de tenir leur rôle de pédagogue pour expliciter les statistiques, les remettre dans leur contexte, rappeler l'interprétation difficile de chiffres journaliers ou mensuels, les commentaires préfèrent jouer sur les aspects les plus spectaculaires.

Pas étonnant alors, qu'en 2008, beaucoup de Français ne voient dans la bourse qu'une loterie pour les riches, alors qu'il s'agit d'un lieu de financement des entreprises et qu'une action n'est qu'une part d'entreprise. La bourse est pourtant perçue comme l'antre maudit du capitalisme alors qu'en vérité, l'Etat serait bien incapable de se substituer à ce financement des entreprises par les particuliers et les fonds privés. Et quand il s'y substitue totalement, le résultat est catastrophique (ex; la Corée du Nord).

Le retour du commentaire rationnel en économie est donc vivement souhaitable. Sauf à vouloir faire le lit des "ultras" de gauche comme de droite qui n'en demandaient pas tant...   
  

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